J'aime beaucoup Kathmandu. Pour l'ambiance, tout d'abord. Les gens y sont gentils, cool, dirait-on chez nous. C'est vrai que des occidentaux, ils en ont vu... et de tout poil. Depuis les années 60, ça a commencé par les hippies souvent défoncés, ou bien les amateurs de mystiques exotiques (les deux tendances n'étant pas nécessairement incompatibles). Puis, les vrais touristes sont arrivés, avec appareils photos et fringales de souvenirs à rapporter chez eux. Au moins, ceux-là, ils dépensent, et les Népalais, peuple pauvre mais avisé, se sont très vite adaptés aux joies de l'économie de marché.
N'en déduisez pas que vous allez vous ruiner à Kathmandu. Vous n'avez que l'embarras du choix pour la gamme des prix d'hôtels et de restaurants.
Donc, j'aime bien Kathmandu pour l'ambiance de ses rues animées, l'architecture fabuleuse des maisons de ses vieux quartiers. Il est aisé de flâner, me semble-t-il sans risque, dans toutes ces petites ruelles au détour desquelles on découvre un temple inconnu, des statues de pierre de divinités impressionnantes, un petit marché, des boutiques microcospiques qui paraîssent recéler des trésors derrière leur vitrine poussiéreuse...
Si vous êtes touriste, donc pressé, allez en premier sur le Durbar Square. Déjà, ça vous prendra une demie-journée pour voir tout ce que l'oeil peut enregistrer.
Autour du Durbar Square, place du Durbar (Durbar = lieu où le monarque tenait traditionnellement les audiences publiques), se concentrent de nombreux édifices et points d'intérêt :
La Maison de la Kumari. Maison de bois ancienne dans le style Newar du 18 ème siècle, elle en impose par ses décorations remarquablement conservées/restaurées. Admirez en particulier, les extraordinaires torana, sculptures de divinités en bas-relief sur des plaques de bois de forme semi-circulaire qui surmontent souvent l'entrée des temples ou maisons. La maison de la Kumari a ceci de particulier qu'elle héberge une petite fille, la Kumari, considérée comme une "déesse vivante". Elle n'apparaît jamais aux yeux du public, la réclusion étant garante du rôle particulier qui en fait une incarnation de la Déesse. Dès sa puberté, la Kumari quitte ses "fonctions" et retourne à la vie normale.
De l'autre côté de la place du Durbar, admirez le curieux temple de Shiva et Pârvatî, deux divinités dont les effigies, postées à une fenêtre du premier étage, semblent profiter du spectacle toujours renouvelé des badauds.
Et si vous en avez le temps, montez les marches du haut temple de Maju Deval pour le coup d'oeil sur la place.
Avant de pénétrer dans le palais, remarquez, juché sur sa colonne, la statue du roi Pratap Malla. A côté, le petit temple, le temple de Jagannath, vaut un coup d'oeil, ne serait-ce que pour des représentations érotiques sur les étais de bois qui soutiennent la toiture de forme pyramidale.
Pénétrez dans le palais (Hanuman Dhoka) en saluant au passage, sur son socle, la statue stylisée d'Hanuman, le Roi des Singes, serviteur du dieu Vishnu, vêtue et ointe de pâtes rouges. Et aussitôt entré dans la vaste cour du palais (Nasal chowk), regardez à gauche, dans une niche, une grande statue fort expressive de Narasimha (Narsingha), avatar de Vishnu sous la forme d'un Homme-Lion.
Le palais va vous permettre de monter dans les grandes tours, comme la tour de Basantapur, d'où l'on jouit d'une vue unique sur les bâtiments du palais, la ville, les montagnes alentour et, tout en bas, le spectacle de la brocante permanente sur la place du Durbar.
En ressortant du palais, sur la droite, on ne ratera pas l'étonnante statue géante d'une forme terrible de Shiva, Kala Bhairav.
De l'autre côté de la rue, on remarquera le temple de Krishna, facilement reconnaissable par sa forme octogonale.
Il y a encore à découvrir, mais on ne va pas vous mâcher la besogne. D'autant que le Durbar Square est loin d'épuiser les plaisirs de la découverte au hasard des rues et ruelles. Le plus frappant, me semble-t-il, est la présence permanente et naturelle des statues et lieux sacrés dans les lieux et environnements les plus triviaux. La ferveur des gens est palpable, sans apprêts, constante. On se baladera ainsi dans Makhan Tole, Indra Chowk, et le quartier de Thamel, au innombrables magasins, petits hôtels et restaurants. On recherchera le Stupa de Kathesimbu, le temple de Sveta Machhendranath, et maints autres encore...