Cochin

Cochin

Les carrelets chinois à Cochin Située sur un cordon littoral frangé de cocotiers au bord de la mer, Cochin fut profondément marquée par l'installation des comptoirs marchands portugais puis hollandais, au 16 ème et 17 ème siècles. De son histoire tournée vers l'occident, subsistent la synagogue et le vieux quartier juif (il ne resterait plus que quelques familles de cette confession), ainsi que des églises. Le Kérala, avec plus de 20 % de sa population chrétienne, fait figure d'exception en Inde. Le christianisme ici, se réclame d'une implantation datant du premier siècle, l'apôtre Thomas serait venu en ces lieux. Les envahisseurs Portugais, aux premiers rangs desquels figura le sinistre Vasco de Gama, en furent étonnés mais considérèrent néanmoins les populations autochtones comme hérétiques, car non catholiques... En effet, le rite syriaque était observé en raison des liens qui s'étaient développés au fil des siècles avec le Moyen-Orient. De nos jours, le rite syriaque et le rite catholique coexistent...

Séance de maquillage avant le Kathakali  Le palais de Mattancherry, dit "palais hollandais", aux fresques murales peintes qui relatent des épisodes des légendes du Mahâbhârata  et du Râmâyana  Ces fresques sont malheureusement dans un état de conservation inégal; certaines sont pratiquement effacées. Néanmoins, elles forment la partie la plus attrayante de la visite. On y remarque le couple de Shiva  et Pârvatî  accompagnés de Ganesh  à leur droite et Kartikeya à leur gauche. Ganesh est assis sur son rat et Kartikeya sur son paon. Les autres pièces contiennent des palanquins, des armes, des plans d'époque, une galerie de portraits des souverains de la région. On remarque le mobilier, remarquable, ainsi que les plafonds à caissons de bois ouvragé.

 La synagogue du 16 ème siècle frappe par son sol aux étonnants carrelages bleus importés de Chine (Canton), tous différents. Au plafond, pend une collection disparate de lustres venant d'Europe. La synagogue conserve, paraît-il, des fragments extrêmement anciens de la Tora

 Le port de pêche aux curieux filets carrés (carrelets), introduits par des marchands chinois il y a plusieurs siècles, que des pêcheurs descendent dans l'eau par un ingénieux système de contrepoids, pour les relever un moment plus tard, offrant ainsi un spectacle sans cesse renouvelé

L'église Saint-François, la plus ancienne du pays ; elle fut fondée en 1503 et Vasco de Gama y fut inhumé en 1524 avant que sa dépouille ne soit ramenée au Portugal quelques années plus tard. L'église Santa Cruz vaut également la visite.

On ne saurait quitter Cochin sans passer un certain temps à chiner dans la rue des brocanteurs qui rejoint la synagogue. L'agrément de la recherche d'un souvenir à rapporter du voyage se double du subtil plaisir de se trouver dans un quartier traditionnel d'entrepôts d'épices. De petits magasins vendent de ces produits qui firent la réputation et la richesse du Kerala depuis les temps les plus reculés.

Spectacle de Kathakali, Cochin Pour en terminer avec Cochin, même si l'on n'est pas spécialement versé dans le domaine des arts, on assistera à un spectacle de Kathakali, mettant en scène d'extraordinaires personnages aux masques impressionnants qui recréent, en un théâtre dansé/mimé unique, les légendes sacrées du Mahâbhârata et du Râmâyana. Bien sûr, les séances auxquelles ont accès les touristes, ne sont que de pâles succédanés des représentations traditionnelles, encore pratiquées, qui durent toute une nuit. Il n'empêche, une initiation s'impose...

Environs de Cochin

Dans les environs de Cochin, on visitera, si l'on dispose du temps nécessaire, le Musée de Hill Palace à Tripunithura, qui expose de remarquables pièces :

 Des pièces de bois travaillées vieilles de 600 ans
 De superbes peintures de Tanjore, par exemple Kamadhenu, la Mère des vaches
 Une collection de palanquins et de carrosses
 Des sculptures originales : un intéressant Nandikeshvara à visage de taureau et corps humain, un Ganesh du 16 ème siècle sans pied en teck, assis sur un lotus, accompagné de deux serviteurs
 Une bible du 8 ème siècle sur peau de chèvre, ainsi que des manuscrits sur feuilles de palme
 Des exemples de l'évolution de la langue du 8 ème au 12 ème siècle
 De nombreuses pièces romaines, d'autres d'époque Maurya (3 ème siècle avant notre ère).

Allepey

Un hôtel sur les eaux des backwaters, Allepey Parfois surnommée la "Venise de l'Inde du sud" par les agences de voyage en mal de comparaison, (ce qui peut paraître curieux vu le cadre naturel!), Allepey, à 55 km au sud de Cochin, est une agréable petite ville en bordure du grand lac Vembanad. L'une des activités artisanales spécifiques est l'exploitation et la transformation du coir, fibre de l'écorce de la noix de coco.

Allepey invite à un voyage fascinant. C'est en effet le point de départ le plus connu pour les excursions sur les "backwaters", innombrables voies d'eau, rivières, lagunes, canaux, que sillonnent des embarcations aux toits de natte.

On peut soit aller d'Allepey à Kottayam (ou l'inverse) par de petits ferries, soit louer pour quelques heures une embarcation à moteur. Si l'on dispose de davantage de temps et d'un budget ad hoc, on choisira un "katavallu", grosse barque traditionnelle en roseaux, aménagé en hôtel flottant pour deux à quatre personnes.

On transporte tout en barque sur les backwaters Quelle que soit la solution choisie, on appréciera forcément ce voyage hors du temps, sur des lagunes et des canaux isolés souvent couverts d'une végétation luxuriante de jacinthes d'eau. Dans une moiteur étouffante, on évolue au fil de l'eau. Ces zones prémarines de marais ont été aménagés au fil des siècles par la main de l'homme : les diguettes isolent des zones d'habitats en bordure des canaux, des rizières gagnées sur le marais étalent leur vert clair et lumineux. Une intense activité règne ici ou là. Tout le transport, des produits de récolte, des matériaux de construction des petites maisons de torchis, se fait sur la tête et dans les barques poussées par des perches.

Ambalapuzha

Enfants dans les backwaters A une quinzaine de km au sud d'Allepey, à Ambalapuzha, on visite le temple de Krishna disposé dans une grande cour close d'une enceinte. Un mandapa  surélevé, doté de piliers bruts, constitue un lieu de repos pour les visiteurs. Le temple proprement dit est orné aux quatre angles de statues de pierre de gana. Sur l'arrière du temple, au bord du bassin sacré des ablutions rituelles, un autre mandapa aux piliers de bois gravés de petites sculptures, rassemble d'autres personnes. Le pied d'un arbre gigantesque abrite une niche où trône un petit Ganesh. Autour de l'arbre, comme on le voit fréquemment au Kerala, ainsi qu'au Tamil Nadu, a été édifiée une estrade circulaire garnie de stèles de Naga.

Mannarsala

Encore au sud d'Allepey (30 km), on quittera la route de Quilon pour prendre une route secondaire vers Haripad et le temple de Nagarâja à Mannarsala. C'est un temple étrange extrèmement ancien dédié au serpent force de vie, en fait la Kundalini. Un nombre impressionnant de stèles de pierre représentant des Naga y est disposé. Propriété de la caste des Brahmanes Nambutiri, le temple est sous la responsabilité d'une sainte femme vénérée de tous. Beaucoup de femmes viennent en pèlerinage ici pour demander d'avoir des enfants.

Kollam et Kayamkulam

Cette ville portuaire à l'activité de pêche, est aussi l'un des points de départ pour les excursions sur les backwaters, avec Allepey. Entre Kollam et Allepey( 90 km) que joignent une bonne route, on visitera à Kayamkulam le palais de Krishnapuram qui a fait récemment l'objet de gros travaux de restauration. On peut y admirer l'une des plus belles et des plus grandes peintures murales, de quelque 5  m2, datant du 18 ème siècle, de surcroit en excellent état. Elle relate le sauvetage et de la délivrance du roi des éléphants Gajendra par le dieu Vishnu. Dans ce mythe très connu, la jambe de Gajendra est saisie par un énorme crocodile. La partie centrale de la composition montre un beau Vishnu,chevauchant un Garuda  à visage humain, venant au secours de Gajendra. Sur la gauche, Râmâ  et Sîtâ, son épouse, somptueusement parés, assistent à la scène. La partie inférieure montre une frise de servantes aux seins nus, vêtues de pagne. La partie haute est peuplée d'êtres célestes.

On remarque, dans une autre partie du palais, la cuisine qui donne directement sur le puits, ainsi qu'une curieuse disposition des pièces qui donnait la possibilité aux femmes de voir à l'extérieur sans être vues.