Hampi, situé au centre du Karnataka, fut la capitale prestigieuse du royaume des Vijayanagar Fondée vers 1336, bien que des traces d'habitat ancien y aient été trouvées, cette ville se développa en même temps que la dynastie prenait une importance politique et économique grandissante. On dit qu'elle était plus vaste que Rome. Néanmoins, la décisive bataille de Talikota en 1565 contre une coalition des sultans musulmans du nord du Deccan, consacra le déclin du royaume Vijayanagar, et l'invasion de Hampi se traduisit par des massacres et des destructions extrêmement importantes.
Aussi, le site que l'on visite de nos jours ne donne-t-il qu'une bien faible idée de cette métropole qui aurait connu 500 000 habitants à son apogée.
On découvre rapidement la beauté du paysage; d'énormes blocs de rochers de granit rose créent des chaos spectaculaires.
Il est d'usage de débuter la visite par ce qu'il est convenu d'appeler la ville Sacrée. Après avoir laissé à droite la route qui mène à la ville Royale et franchi un seuil entre deux éminences rocheuses, le premier monument que l'on découvre est un temple de Krishna partiellement rénové. On note le gopuram dont la base est en pierre mais les superstructures sont en brique recouverte de stucs. Aussi sont-elles bien dégradées.
Un peu plus loin, on remarque à gauche une colossale statue monolithique de Ganesh de pur style Vijayanagar (époque de Krishnâdevaraya, début du 16ème siècle). Haute de 2.4 m, elle est dressée dans un hall à colonnes formant un dais monumental. Malgré sa taille déjà très appréciable, ce Ganesh est qualifié de "graine de moutarde" (sashivekalu), mais il est vrai qu'il peut paraître petit par comparaison avec une autre statue du même dieu, haute de 4.5 m, taillée dans l'un des rochers qui jonchent la colline de Hemakuta, un plus loin également sur la gauche. Ici encore, un hall hypostyle, de plus vastes dimensions, a été construit et la statue trône dans une cella sombre. Ici, le nom de ce Ganesh colossal est "pois chiche" (kadalaikallu).
De cet endroit, on surplombe le temple de Virupaksha. Pour l'atteindre, on montera de préférence au sommet de la petite colline pour redescendre par une série de petits temples Jains au milieu des rochers.
Le grand temple est dominé par un gigantesque gopuram à neuf étages. Un curieux et inhabituel Nandi à trois têtes se trouve à gauche de l'entrée. De la grande cour principale, on aperçoit le gopuram nord dont le style diffère grandement de celui du gopuram est par lequel on est arrivé.
Devant le visiteur, se trouve un mandapa à colonnes carrées décorées et sur la droite, le temple de Pârvatî honorée ici sous le nom de Pampapati Devî. Chaque année, une grande fête célèbre son mariage avec le dieu Shiva, déité du temple principal.
Quittant le temple par la même entrée est, on parcourt une voie de plusieurs centaines de mètres bordée de petites échoppes et magasins de souvenirs. A l'extrémité, se tient un grand Nandi mal restauré, engoncé sous un dais à colonnes. De là, on peut rejoindre le temple de Vitthala par les collines et un pittoresque chemin qui suit les rives de la rivière Tungabhadra, mais plus généralement, on reprend un véhicule pour s'y rendre par la route.
En chemin, on s'arrêtera pour admirer le gigantesque Narasimha de pierre, le quatrième avatâra de Vishnu. Haute de près de 7 mètres, elles est très impressionnante malgré les mutilations dont elle a eu à souffrir. Son expression féroce s'abrite sous un capuchon de sept serpents dont les têtes le couronnent . On prétend que le dieu aurait porté autrefois, sur son genou gauche, une représentation de sa Shakti, d'où le nom de Lakshmî Narasimha que l'on donne à cette statue. Juste à droite, on ira regarder, dans un petit bâtiment discret, un grand lingam dont la base est immergée dans plus d'un mètre d'eau. C'est le temple de Badavi Lingam, dont le lingam est connu sous le nom de Jalakanteshvara.
En continuant sa route, on s'arrêtera quelques minutes au temple de Virabhadra, dans lequel est honorée une grande et puissante statue de cette forme du dieu Shiva.
La route suit un paysage varié de rizières, bananiers et cocotiers, au milieu de rochers ronds de granit. Un grand chaos rocheux retient l'attention. Deux énormes blocs dénommés "Sisterstone" s'appuient l'un sur l'autre.
On arrive alors dans la zone dénommée habituellement la ville Royale. On y visitera les monuments suivants :
Le temple souterrain, original mais fréquemment sous l'eau…
Le temple de Hazara Rama Chandra : très beau, il est cerné d'un mur d'enceinte sur lequel courent de remarquables bas-reliefs de scènes du Râmâyana Dans la cour, se dresse un remarquable mandapa aux piliers de pierre sombre gravés de diverses divinités : Krishna, Kalki , Ganesh, etc.
Les murs extérieurs du temple sont abondamment ornés d'un motif Vijayanagar typique représentant un vase d'abondance, d'où s'échappe une végétation luxuriante. De grandes statues animent ces murs en pierre d'une belle couleur ocrée : Vishnu sous diverses formes, Krishna à huit bras, Krishna sur le serpent Kâliya etc. L'ensemble est fort harmonieux.Le bassin royal à plusieurs étages, en pierre noire, a été retrouvé et déblayé en 1983; il est donc en très bon état. A côté, se trouve un aqueduc qui l'alimentait. Un peu plus loin, une chambre secrète où le roi pouvait se réfugier.
Le quartier des femmes (l'ancien zenana) abrite un élégant pavillon à deux étages, le Lotus Mahal
Non loin de là, se tiennent les curieuses étables à éléphants, surtout remarquables par leurs proportions. Elles témoignent du goût des souverains Vijayanagar pour ces nobles animaux
De la Mahânavami Dibba (maison de la victoire), qui autrefois, dit-on, s'élevait sur plusieurs étages, ne restent que les glorieux soubassements décorés d'une multitude de frises de musiciens et danseuses, chevaux, éléphants et guerriers.
Le bain de la reine est un petit pavillon élégant.
Il faut reprendre la route qui se dirige vers la partie orientale de la ville sacrée et la quitter sur un kilomètre environ, pour grimper, par une route étroite et raide, à travers un extraordinaire chaos rocheux, vers le temple de Rama, dit de Malyavantharaghunathaswamy. Le dieu Râmâ serait venu ici, dit-on, pour méditer après la mort de son père, et demander leur aide aux dieux. Le mandapa présente des colonnes carrées Vijayanagar typiques avec des médaillons gravés. Dans la cella, se trouve une fort belle et rare statue de Râmâ, car le dieu y est assis. Il est accompagné d'Hanuman à sa droite et, à sa gauche, de son frère Lakshmana et de son épouse Sîtâ. Les statues ont été excavées du rocher et le temple ensuite édifié autour. Un petit vimana construit sur ce rocher, témoigne de l'emplacement de des statues sacrées. A l'extérieur du temple, les colonnes du mandapa des mariages (Kalyana mandapa) émettent des sons musicaux quand on les frappe légèrement. Un peu plus loin, un petit temple est dédié à Sîtâ.
En allant au sommet de la colline, on jouit d'un beau et vaste paysage.Quelques kilomètres restent à parcourir jusqu'au temple de Vitthala, dédié à Vishnu, l'une des pièces maîtresses d'Hampi, classé Monument Héritage Mondial de l'Unesco. Il n'aurait cependant jamais été consacré. Entouré de hauts murs, on y accède par l'un des deux gopuram qui percent l'enceinte. Datant du milieu du 15ème siècle, donc ancien pour le site, il est surtout connu pour le magnifique ratha de pierre qui se tient dans la grande cour. On notera également le Dolotsava mandapa , aux piliers sculptés du motif du Yâlî et doublés de colonnettes musicales.
Un peu après le temple de Vitthala, sur la gauche, un large chemin pavé conduit jusqu'au temple de Virupaksha. A l'entrée de ce chemin, un curieux portique, la balance royale, est le lieu où le souverain se faisait peser à l'occasion de cérémonies importantes, pour ensuite distribuer aux pauvres de son royaume son poids d'or et de joyaux…
De là, on ira jeter un coup d'œil sur les rives de la Tungabhadra. Des piliers de pierre partiellement immergés marquent l'emplacement d'un pont ancien. Juste sur la rive, un original mandapa très surbaissé, constitue un beau cadre. Sur l'autre rive, dans le lointain, se dresse une haute colline qu'un long et sinueux escalier blanc escalade jusqu'à son sommet où un temple marque l'emplacement de la naissance mythique d'Hanuman.
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De la balance royale, on rejoint le temple de Virupaksha en longeant plus ou moins la rivière. On dépasse un petit temple de Vâraha , sans grand intérêt mais, plus loin, sur la gauche, une large avenue bordée de piliers mène au temple d'Achutaraya, en cours de restauration, du nom du beau-frère et successeur du grand roi Deva Raya Krishna. Le temple possède deux gopuram successifs, dont les superstructures de brique sont bien délabrées, et deux enceintes. Comme ailleurs, les mandapa sont pourvus de piliers carrés travaillés, dont la face extérieure s'orne souvent du motif du lion ou du Yâlî dressé sur ses pattes arrière. Le temple est dédié à Vishnu sous sa forme de Tiruvengalanath, mais plus aucune statue ne subsiste ici. Sur le côté droit du temple principal, un petit temple à mandapa est dédié à Sri Devî et Bhu Devî : il possède donc deux cella. Un canal d'irrigation, autrefois alimentant le temple, traverse la cour.
Poursuivant le chemin, le visiteur arrive au temple de Kodandarama, au milieu d'un beau chaos rocheux, en bordure de la rivière, étroite à cet endroit. De grandes statues de Râmâ et de Sîtâ, accompagnés de Lakshmana et d'Hanuman ont été sculptés dans la roche à laquelle le temple, peu profond, est adossé. De nombreux pèlerins, après avoir pris un bain purificateur dans la rivière, y viennent faire leurs dévotions et offrandes. L'endroit est superbe.
Temple de Vitthala
Enceinte Royale où se trouvent le Lotus Mahal et les étables à éléphants.
Les autres monuments sont libres d'accès. Il sera très utile de s'attacher les services d'un guide dont la rémunération est compensée par le temps gagné et la tranquillité d'esprit.
L'ensemble des visites décrites dans ce chapitre nécessitent environ 8 heures, soit une journée et demie, pour les réaliser dans les meilleures conditions.