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Poste avancé sur le désert de Thar, la cité lointaine de Jaisalmer en contrôlait autrefois la traversée par les nombreuses caravanes qui assuraient le commerce entre l'ouest et le nord de l'Inde. En arrivant à Jaisalmer par la route, la première vision est celle de la citadelle fortifiée émergeant de l'horizon, impressionnante avec ses murailles et ses tours massives. La beauté de Jaisalmer tient largement à son architecture exceptionnelle, d'une grande homogénéité. Et en effet, cette petite ville a su, grâce sans doute à son mode de vie ancestral, se conserver intacte en traversant les siècles.
Dans la citadelle, on visite le Fort avec le palais (Gaj Mahal); de ses remparts, on jouit de vues superbes sur la ville et les environs. Dans la citadelle encore, on s'intéressera à deux petits temples hindous et à un très bel ensemble de temples jaïns magnifiquement sculptés, édifiés au 15 ème siècle.
On se promène et on flâne dans les ruelles de la ville basse où se concentre l'activité de la cité avec ses nombreux artisans : cordonniers, tailleurs, bijoutiers, quincailliers, pâtissiers et, bien entendu, de fort nombreux vendeurs de souvenirs en tous genres, car le touriste ici abonde.
Jaisalmer témoigne encore de son opulence d'antan par de somptueuses résidences de marchands aux façades de grès ocre-rose finement ciselées. Ces superbes et vastes maisons de maîtres, appelées haveli , sont construites autour de cours intérieures qui assuraient un peu de fraîcheur pendant les mois chauds. Des loggias à colonnettes sont pourvues de balcons et fenêtres à claire-voie.
On visite avec plaisir :
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La Nathmal-ki-haveli, du 19 ème siècle, dont la façade ouvragée est superbe
La Patwon-ki-haveli : la plus vaste car constituée de cinq bâtiments de six étages accolés les uns aux autres, apparaissant au détour d'une rue étroite dans laquelle elle semble à l'étroit. La Patwon-ki haveli est sans doute la plus belle de Jaisalmer. Un magasin, cher, de souvenirs et d'antiquités peu anciennes, y est installé
La Moti Mahal, dans la partie basse de la ville, avec son élégante tour de six étages
La Salim Singh-ki-haveli, datant du XVIIème siècle, avec ses belles sculptures de paons.Contrairement aux haveli du Shekavati, celles de Jaisalmer ne possèdent presque pas de fresques murales, mais elles n'en sont pas moins remarquables par le beau travail du grès ocre jaune qui a servi à leur construction.
On se perd aisément en flânant dans les ruelles de la ville basse, si l'on quitte la rue principale, mais en fait, on s'y retrouve très vite sans qu'il soit besoin de guide.
Un petit musée des Arts et Traditions populaires (à la porte de Tila) présente un patrimoine d'objets, outils, instruments et vêtements.
Dans la quiétude du soir, en sortant de la cité, on peut aller contempler la procession de quelques femmes qui, la cruche sur la tête, vont puiser de l'eau au Gadhisar Tank, petit lac artificiel, bordé de temples et de pavillons.
Bara Bagh
Proches de Jaisalmer, à Bara Bagh (6 km) ancien jardin des souverains de Jaisalmer, on conseille vivement d'aller visiter les décoratifs chhattri (cénotaphes) des Mahârawal (souverains) de Jaisalmer. Ils sont édifiés sur une colline située près d'un petit lac en contrebas, dans un très beau décor. Sous le dôme de chaque chattri, une petit stèle représentant une ou des "sati". Initialement, une sati était une souveraine qui s'immolait par le feu pour ne pas survivre à son royal époux. Puis, cette coutume s'est répandue dans la société. Elle fut interdite au 19 ème siècle par les Britanniques mais dans les milieux traditionalistes, même de nos jours, cette forme de suicide est considérée comme un acte de courage suprême et, en tout cas, les sati d'autrefois sont très vénérées.
Lodurva
Le très beau temple Jain de Lodurva, est surtout remarquable par son magnifique torana ,
Khuldara
Le village "médiéval" de Khuldara. Personnellement, je n'en conseille pas la visite : une ou deux maisons anciennes reconstituées et un petit temple sans attrait, également reconstitué, se dressent au bout d'une rangée de ruines. Cette visite ne vaut en aucun cas de se détourner de la route de Sam.
Sam
Les dunes de sable fin à Sam (40 km de Jaisalmer). Dans cette partie du désert de Thar, constituée en Desert National Park, on peut rencontrer, si on a beaucoup de chance, une faune spécifique (chats sauvages, renards, lièvres, outardes, etc.). Il est plus aisé de rencontrer des loueurs de dromadaires, des musiciens ambulants ou un jeune garçon actif qui transporte sa glacière pleine de cocas sous le soleil.. Le coucher de soleil sur les dunes est magnifique.
Les dunes de Sam constituent le passage obligé du touriste qui va à Jaisalmer, en quête de "vrai" désert. On sait pour l'avoir traversé depuis Bikaner ou Jodhpur, que le désert de Thar est plutôt une steppe ou une savane sèche. Il est d'ailleurs plutôt peuplé, mais les conditions de vie, avec une pluviométrie de désert, y sont très rudes.
Les dunes de Sam (qui ne sont pas les seules de la région, mais les autres sont plus difficiles d'accès), donnent au visiteur le sentiment d'être enfin dans le désert. Là se trouvent concentrées, sur une relativement petite surface (1 km sur 3, à peu près), des dunes photogéniques (un peu de pollution plastique y est cependant à déplorer) et des dromadaires de location...
D'autres dunes valent également la visite, car elles sont moins fréquentées, ce sont les dunes de Khuri, à 40 km environ au sud-ouest de Jaisalmer.
Bikaner
Entourée par le désert, la cité de Bikaner fut fondée en 1408 par un chef rajpoute et reste habitée par son passé héroïque. A l'abri de ses murailles, la vieille ville possède encore dans son labyrinthe de ruelles moyenâgeuses et son bazar animé, quelques-unes de ses haveli, demeures familiales des riches marchands qui vivaient du commerce des caravanes.
Le puissant château des Mahârâja , de Bikaner, se trouve à l'intérieur d'une impressionnante citadelle, le Fort Junagarh. Il renferme une collection d'armes. On visite également la salle du couronnement (Anup Mahal), la salle des audiences aux décors dorés, le petit palais de miroirs, la salle des palanquins. Des terrasses supérieures du palais, on jouit d'une remarquable vue.
Bikaner possède également un intéressant petit musée, le Ganga Jubilee Museum; dans la section archéologique, on admire une fabuleuse Sarasvatî , (déesse des Arts et du Savoir) de marbre blanc.
Si l'on en a le temps, on peut également consacrer un moment à visiter les temples jains.
A l'extérieur de la ville, le Devi Kund est la nécropole des Mahârâja de Bikaner. Dans le mausolée en marbre blanc de Surat Singh, sont conservées des peintures.
C'est à Deshnoke, à peu de distance de Bikaner (30 km au sud), que se trouve l'étrange temple de Karniji Mata, femme mystique qui vécut au XVème siècle. Là sont vénérés des centaines de rats sacrés. La légende dit qu'ils seraient la réincarnation des membres d'une caste du Rajasthan à laquelle appartenait précisément Karniji Mata. Bien que ces animaux (de petite taille, ils sont plus proches des souris que des rats) soient familiers et non agressifs, le visiteur impressionnable peut trouver l'expérience déplaisante.
Pokharan
Pokharan est juste une bourgade au croisement des routes qui joignent Jaisalmer, distant de 110 km, à Bikaner d'une part, et à Jodhpur d'autre part.
Cette petite cité possède cependant un fort au cachet saisissant, taillé dans une roche dont la couleur rouge brique forme un contraste éblouissant avec le ciel bleu du désert et le vert tendre des pelouses de l'hôtel installé en ces lieux...
Dans la bourgade qui l'entoure, on visitera la rue du bazar, animée avec ses artisans et ses marchands de légumes. Quelques beaux balcons d'haveli en pierre ocre-rouge ajourée, similaires à ceux bien plus célèbres de Jaisalmer, sont admirables de finesse.